28/10/2007

Hélène remonta la rue

 Hélène avait marché jusqu'au bout de la rue puis avait soudain fait volte-face, un cycliste cacha une ombre qui se jouait entre arbres et façades, sur l'autre trottoir.

Les dames qui étaient allées vers le camion d’Eddy en revenait avec qui un cabas chargé de légumes, telle autre avec un panier de fruits.

On devait apporter son sac, une nouvelle loi empêchait désormais les commerçants de vendre leurs marchandises dans ces achets plastiques qui étaient un signe de grande avancée civilisée.

Vivait-on une société en recul ?  Hélène changea de côté et remonta en suivant le trottoir ombragé vers le Boulevard de l’Est. 

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09/10/2007

Réveil

Depuis qu’Henri avait disparu et que Carter avait repris du service comme Xyperman, Hélène ne savait plus jamais quel jour on était et quelle saison déroulait ses pluies. Mais ici, ici, c’était facile, c’était une pluie ordinaire, crachotante d’un mois d’octobre ni trop chaud ni trop froid. Les gens étaient habituellement moroses et l’on disait qu’on allait avoir bientôt un nouveau gouvernement.

Même si elle n’avait pas entendu son réveille-matin, elle aurait appris l’heure par les éclats de trompette qui stridulèrent l’espace. Reprenait-on du service de cavalerie à la caserne Fonck ?

 

Pas même, ce n’était qu’un gamin dans la cour voisine auquel une maman adorable avait offert un clairon et qui en jouait un morceau fort classique avant de partir à l’école.

Pourvu, pensa Hélène, qu’il emporte son instrument et l’oublie là-bas !

 

Hélène se leva, s’étira, alla ouvrir grand la fenêtre qu’elle referma aussi vite.

Rien n’avait changé, pas même le fond de l’air.

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08/10/2007

Boulevard de l'Est

 

Le taximan l’avait pris pour une touriste et l’avait gentiment promenée du Pré Wigi à la descente du pont de l’Atlas pour venir s’égarer dans des chantiers de l’ancien coin du cavalier Fonck, boulevard de la constitution.

 

— À quel numéro du Boulevard de l’Est, Madame ? demanda-t-il.

 

Midi fut sonné par les cloches de l'église, toute proche, le chauffeur regarda le parvis saint Pholien et se souvint qu’il était originaire de la rue de Montrésor à le Liège, c’est en Indre et Loire et que cela ne prédisposait pas, naturellement, à devenir chauffeur de taxi dans la cité ardente.

 

— Arrêtez-moi ici demanda Hélène, oui, ici, c’est très bien.

 

Après qu’elle eut réglé la course elle traversa la place et se dirigea vers une impasse donnant derrière un bâtiment de l’université. Elle s’arrêta devant une façade salie par le temps qui ici est souvent maussade.

 

Autrefois cela avait été un hôtel, plus tard une pension de famille, maintenant, on y louait des quarts de pièce aménagés pour étudiants guindailleurs et sans-papiers notoires. Elle se souvenait, mais s’en souvenait-elle vraiment, avoir logé ici, y avait-il eu une guerre, était-ce elle, ses parents ? Il y avait eu Solange, Solange, la fille de Solange, Solange avait été son amie et elles avaient dessiné des cases à la craie avec le paradis tout au bout, dans la cour arrière.

 

Elle entra et au-dessus de quelques marches de marbre qui avait été strié gris et blanc, se trouva sur un petit palier faiblement éclairé par une ampoule pendant tristement au bout de son fil torsadé. Devant elle, il y avait une sorte de petit comptoir, une chaise en rotin, un tableau avec des clés accrochées au mur, des habitudes anciennes étaient restées. Sur un guéridon voisin, une cloche à l’ancienne sur la quelle il fallait frapper assez fort pour faire entendre un son aigrelet.

 

D’un pas traînant, un homme d’une cinquantaine d’années arriva de l’arrière en dodelinant de la tête.

 

— Je voudrais une chambre.

— Un kot ?

— Si vous voulez.

— C’est pour l’année académique ou pour la semaine ?

— Je ne sais pas encore.

— Je n’ai plus que deux locaux, je peux vous faire visiter.

 

— Solange habite encore ici ?

— Je ne sais pas, moi, je ne suis que le préposé, la propriétaire est morte après l’Exposition mais sa fille est encore dans l’affaire, elle a cinquante pour cent d’après ce qu’on dit...

 

Ah ! Solange demi-patronne maintenant, ça ne doit pas la changer d’avant.

 

Rien n’avait changé ! La peinture du corridor qui filait vers la rue de la Loi était toujours brun sale et l’on pouvait imaginer la porte verte, l’imposte en vitre martelée, la serrure qui se déchaussait, le petit escalier à deux marches, et à droite, le petit hall, l’escalier qui menait aux chambres et aux appartements, la porte basse des caves. Dans le coin, un tabouret flamand supportait une plante grasse habituée à la semi obscurité.

 

— Je prendrai la 8, c’est la chambre en haut, au premier, à droite, non ?

— Non, si, enfin, c’est un studio de type P5,, il est bien, l’ancien locataire était un jeune homme très propre qui faisait des études à l’aquarium, mais il a trouvé un rez de chaussée en Roture, il préférait parce qu’il y a un jardin.

 

Le Chinois, c’est ainsi que les locataires le nommaient, tendit à Hélène une grosse clé à laquelle était accroché un médaillon de cuivre à l’effigié d’un lion et en face, d’un huit gravé.

05:45 Écrit par H dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/09/2006

A bientôt

Ma nuit a été agitée.  Je me suis vu le matin, m’observant dans le miroir de ma salle de bains, j’étais Henri Sim fumant la pipe.  J’ai voulu passer les manches de mon blouson de cuir fourré, souvenir de mon temps d’aviateur avec Véronique Jeannot mais un coup d’œil rapide à travers de la bay-window me fait découvrir une Meuse qui coule chaude entre ses berges. Une péniche irrespectueuse des heures de la batellerie (trois vantelles ouvertes à La Plante et deux aux Grands Malades) fend lentement les eaux étrangement calmes du fleuve. Un photographe y aurait vu un vieillard, promenant son caniche sur la berge, je n’y vois que présages à ce que l’on me casse les pieds encore un peu plus ! Déjections canines et rats musqués, pollution des eaux qui sortent de la centrale nucléaire de Chooz pour pénétrer celle de Tihange.

 

Henri Sim ne reviendra pas cette année, ses kidnappeurs ont la persévérance de ceux de Betancourt.  Et Liège veut ressembler à New York, Wandre à Soho, Herstal haut à Silicone vallée. C’est le régulateur de vol qui l’a dit : là où, je dois trouver la bibliothèque Simenon, je découvre une pauvre bâtisse vouée à la fonction de mosquée, religion en expansion. Devenez imam, emploi assuré. 

 

 

Des raisons techniques empêchent la publication de cette aventure pour l’instant... Vous trouverez momentanément un peu de lecture quotidienne chez http://jemappellehenri.skynetblogs.be/ ou des lectures anciennes ... http://petitedetente.skynetblogs.be/post/3720330/oublicat... bientôt sur le web avec liens ad hoc...