28/10/2007

Hélène remonta la rue

 Hélène avait marché jusqu'au bout de la rue puis avait soudain fait volte-face, un cycliste cacha une ombre qui se jouait entre arbres et façades, sur l'autre trottoir.

Les dames qui étaient allées vers le camion d’Eddy en revenait avec qui un cabas chargé de légumes, telle autre avec un panier de fruits.

On devait apporter son sac, une nouvelle loi empêchait désormais les commerçants de vendre leurs marchandises dans ces achets plastiques qui étaient un signe de grande avancée civilisée.

Vivait-on une société en recul ?  Hélène changea de côté et remonta en suivant le trottoir ombragé vers le Boulevard de l’Est. 

10:46 Écrit par H dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/10/2007

Eddy

 Hélène passa à la salle de bains puis revêtit un blue jean et un sweater marron à col roulé. Après l’avoir enfilé, elle se brossa soigneusement les cheveux puis sortit. Elle ferma la porte à double tour et descendit au rez-de-chaussée tandis que tintait la cloche de Eddy, un marchand de légumes ambulant, camionneur chanteur, c’est vrai ! Il  fredonnait sans cesse ,a u volant comme en pesant ses fruits ou les poireaux qu’il emballait dans un vieux papier journal. Il passait trois fois par semaine dans les rues du quartier, les autres jours ouvrables il faisait comme il l’annonçait lui-même « campagne ». Une tournée du côté d’Aubel où il avait de la famille. Dans le corridor d’en-bas, une porte s’ouvrit et une dame d’un certain âge se montra dans l’entrebâillement. Comme elle n’était pas encore coiffée, Madame Depasse se recula, fut happée par le sourire d’Hélène et vint, en peignoir et pantoufle, sur le seuil pour interpeller Eddy. Je prendrai un kilo de Nicola et puis des chicons, il y en a déjà ? Sont-ils bons ? Ah ! Madame Depasse, que me demandez-vous là, vous ai-je déjà vendu de la marchandise avariée ?  Une autre femme, frileuse sans doute avait passé un châle sur un pyjama vert. Elle venait du fond du couloir en fumant une cigarette déjà à demi-consummée. De loin, elle demanda à Eddy s’il avait des yaourts, tu sais, la marque avec le soleil, celle dont on parle à la télé, allez, tu sais bien quoi ...  J’en ai Madame  Cacambo, tout va bien ce matin ?  Ça va. Mais j'ai encore eu des névralgiestoute la nuit... Hélène s’avança dans la rue pour constater qu’Eddy était populaire et attendu, au 18, la femme de Crémer, l’ancien commissaire de police  attendait sur le seuil. 

08:04 Écrit par H dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/10/2007

Réveil

Depuis qu’Henri avait disparu et que Carter avait repris du service comme Xyperman, Hélène ne savait plus jamais quel jour on était et quelle saison déroulait ses pluies. Mais ici, ici, c’était facile, c’était une pluie ordinaire, crachotante d’un mois d’octobre ni trop chaud ni trop froid. Les gens étaient habituellement moroses et l’on disait qu’on allait avoir bientôt un nouveau gouvernement.

Même si elle n’avait pas entendu son réveille-matin, elle aurait appris l’heure par les éclats de trompette qui stridulèrent l’espace. Reprenait-on du service de cavalerie à la caserne Fonck ?

 

Pas même, ce n’était qu’un gamin dans la cour voisine auquel une maman adorable avait offert un clairon et qui en jouait un morceau fort classique avant de partir à l’école.

Pourvu, pensa Hélène, qu’il emporte son instrument et l’oublie là-bas !

 

Hélène se leva, s’étira, alla ouvrir grand la fenêtre qu’elle referma aussi vite.

Rien n’avait changé, pas même le fond de l’air.

16:53 Écrit par H dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/10/2007

Boulevard de l'Est

 

Le taximan l’avait pris pour une touriste et l’avait gentiment promenée du Pré Wigi à la descente du pont de l’Atlas pour venir s’égarer dans des chantiers de l’ancien coin du cavalier Fonck, boulevard de la constitution.

 

— À quel numéro du Boulevard de l’Est, Madame ? demanda-t-il.

 

Midi fut sonné par les cloches de l'église, toute proche, le chauffeur regarda le parvis saint Pholien et se souvint qu’il était originaire de la rue de Montrésor à le Liège, c’est en Indre et Loire et que cela ne prédisposait pas, naturellement, à devenir chauffeur de taxi dans la cité ardente.

 

— Arrêtez-moi ici demanda Hélène, oui, ici, c’est très bien.

 

Après qu’elle eut réglé la course elle traversa la place et se dirigea vers une impasse donnant derrière un bâtiment de l’université. Elle s’arrêta devant une façade salie par le temps qui ici est souvent maussade.

 

Autrefois cela avait été un hôtel, plus tard une pension de famille, maintenant, on y louait des quarts de pièce aménagés pour étudiants guindailleurs et sans-papiers notoires. Elle se souvenait, mais s’en souvenait-elle vraiment, avoir logé ici, y avait-il eu une guerre, était-ce elle, ses parents ? Il y avait eu Solange, Solange, la fille de Solange, Solange avait été son amie et elles avaient dessiné des cases à la craie avec le paradis tout au bout, dans la cour arrière.

 

Elle entra et au-dessus de quelques marches de marbre qui avait été strié gris et blanc, se trouva sur un petit palier faiblement éclairé par une ampoule pendant tristement au bout de son fil torsadé. Devant elle, il y avait une sorte de petit comptoir, une chaise en rotin, un tableau avec des clés accrochées au mur, des habitudes anciennes étaient restées. Sur un guéridon voisin, une cloche à l’ancienne sur la quelle il fallait frapper assez fort pour faire entendre un son aigrelet.

 

D’un pas traînant, un homme d’une cinquantaine d’années arriva de l’arrière en dodelinant de la tête.

 

— Je voudrais une chambre.

— Un kot ?

— Si vous voulez.

— C’est pour l’année académique ou pour la semaine ?

— Je ne sais pas encore.

— Je n’ai plus que deux locaux, je peux vous faire visiter.

 

— Solange habite encore ici ?

— Je ne sais pas, moi, je ne suis que le préposé, la propriétaire est morte après l’Exposition mais sa fille est encore dans l’affaire, elle a cinquante pour cent d’après ce qu’on dit...

 

Ah ! Solange demi-patronne maintenant, ça ne doit pas la changer d’avant.

 

Rien n’avait changé ! La peinture du corridor qui filait vers la rue de la Loi était toujours brun sale et l’on pouvait imaginer la porte verte, l’imposte en vitre martelée, la serrure qui se déchaussait, le petit escalier à deux marches, et à droite, le petit hall, l’escalier qui menait aux chambres et aux appartements, la porte basse des caves. Dans le coin, un tabouret flamand supportait une plante grasse habituée à la semi obscurité.

 

— Je prendrai la 8, c’est la chambre en haut, au premier, à droite, non ?

— Non, si, enfin, c’est un studio de type P5,, il est bien, l’ancien locataire était un jeune homme très propre qui faisait des études à l’aquarium, mais il a trouvé un rez de chaussée en Roture, il préférait parce qu’il y a un jardin.

 

Le Chinois, c’est ainsi que les locataires le nommaient, tendit à Hélène une grosse clé à laquelle était accroché un médaillon de cuivre à l’effigié d’un lion et en face, d’un huit gravé.

05:45 Écrit par H dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/10/2007

Hélène, le retour !

 

Des raisons techniques empêchaient la publication de cette aventure...

 

Qu’à cela ne tienne se dit Hélène, débarquant au Bierset Happart Airpot ...

Je suis de retour !

 

09:14 Écrit par H dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |