19/05/2006

Simone

Joseph avait épousé sa cousine Simone, il le lui avait dit quand elle avait quinze ans, il en avait maintenant vingt-quatre. Des années d’amour fou et de fruits défendus, les parents étaient sévères.

Le voyage de noce avait été décidé, Prague et des coins perdus de Hongrie et puis, on termine à Liège, demain la vie quotidienne, le train-train, la recherche d’un emploi. Il fallait aussi vaincre des tabous, découvrir les secrets de l’autre. On jouait fermier fermière, Perette pot au lait couvées et on s’embrassait beaucoup, pour un oui, pour un non.

En Hongrie, sur les hauteurs du Balaton, Joseph avait peint rageusement des paysages sauvages tandis que Simone poursuivait ses cures de soleil en silencieuses méditations.

 

On était arrivé à Liège, Joseph arrêta la voiture près du pont. Ils rêvèrent à des pèches miraculeuses, bousculèrent la boîte de vitesse pour grimper à l’hôtel des hauts sarts où une chambre avait été retenue, il lui fit doucement l’amour, s’ébroua dans le bruit furieux d’un vieil Antonov décollant de Bierset. Ils sortirent, prendre le frais, il faisait encore soleil, derrière chez Polytuil elle eut trop chaud, voulut défaire ses vêtements, il l’en empêcha, elle fit la moue, la tête et au bar, plus tard commanda des gin tonic, des vodkas orange, des asti spumante des Marie Brizzard, tu bois trop dit-il quand elle décapsula une boîte de Siwaco pour la mélanger à une mignonette de rhum.

 

 - Je ne suis pas ivre.

 - C’est pire répondit-il.

08:38 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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