25/04/2005

Un autre lundi matin

Lundi matin, alors qu’il ne neige plus dans les Alpes.

 

Un petit vent aigre traverse l’Ardèche et c’est de ma cache de résistant que je vous téléphone. J’ai enfin pu remonter la batterie au cadmium nickel qui avait défailli et m’empêchait de communiquer avec vous ...

 

(Dicté in extenso à la dactylographe de service par Isidore Bautrelet en direct de Vals les bains).

 

Je ne reviendrai pas sur les circonstances qui font de cette cachette un endroit sûr où, entouré de Josiane, de Christelle et de Raymonde, sans oublier Félicie aussi, je vous communique les premiers résultats de mon enquête.

 

Ayant eu l’attention attirée par les lettres sournoises du sieur Gondolfo di Borghio que l’on soupçonne d’être en réalité Axel Borg de sinistre renom et après les communiqués revanchards de L’AMF contre la SSMJ, le rédacteur en chef de la Dépêche et moi-même ayant décidé d’interroger à ce sujet Henri Sim, détective bien connu de la cité ardente, j’ai constaté la disparition de celui-ci de même que l’absence permanente du photographe Carter et de la belle Hélène.

 

Glissant mes chaussettes dans les bottines de notre héros tchantchiste, j’ai remonté la filière du trafic de canabis batavo-visétois et découvert le curieux manège de l’association colombophile des amis d’Englebert et de Tubemeuse réunis. L’ancien joueur de Tilleur, un certain Nicolaï m’ayant pistonné, j’ai pu dériver d’Amercoeur en Chertal et m’apercevoir que des quais principautaires aux roches des Combes, il n’y a aujourd’hui qu’un coup de pagaie à donner.

 

Bien sûr, il a fallu se glisser de bosquest en buissons pour, couleur de muraille, passer inaperçu, le biographe henriesque ayant subi les foudres censorielles ...

 

Deux fois en huit jours ... le langage change, on ne peut pas dire à un bloggueur, ce que tu écris, dessines, photographie ne me plaît pas, il se fâche aussitôt, il est hors du sens commun, il est lui-même virtuel ...Toute la société devient virtuelle, un malfrat ne va plus en prison, un balayeur est un technicien diplômé de surface, aïe, un malfrat ? une brebis égarée dans la jungle des méchants comme toi Xian, un qui faisait qu’à embêter personne avec ses joints et le pognon piqué pour se le acheter...tandis que toi ! qui trie même pas tes ordures ! ....

 

C’est même à cause de cela que j’ai pris un coup sur la cafetière et failli me faire resserrer par une imaginative qui pensait qu’à me glisser sous sa couette.

 

Donc me voici, bel Isidore, miassommé. Je remue mes orteils dans mes souliers, en dessous des couvertures, afin de me prouver que j’existe toujours bel et bien, que je ne suis pas paralysé, mort. C'est bien le seul mouvement que je m’autorise.

Juste faire glisser le Nokericson, taper dièze étoile et être en ligne avec la sténographe de la rue Piconette où se trouve le siège de la Dépêche et celui ( poste huit, couloir 3, porte 14 bis, de Ginette qui tape ce texte à usage de la rédaction et des lecteurs-trices.

 

(à suivre, demain dans la page « Enquêtes et découvertes »)

 

 


08:05 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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