14/04/2005

L'enquête reprend bel et bien ...

 

 

Peu de gens avaient eu vent de la disparition d’Henri, on avait simplement constaté que le bureau de l’Arakiri, enquêtes et filatures, avait été cambriolé. Isidore, plus professionnel que les techniciens de la DVI avait trouvé le petit mot écrit en braille : « Je pars, je souhaite que personne ne s’occupe de moi, plus jamais, il faut imaginer la vie sans elle ».

Voilà qui était parfaitement dans le ton henriesque, émotion intelligible et fuite en avant, drame clandestin et personnel, il y avait ici de la détresse, de l’humanité, grandes qualités de l’enquêteur liégeois. Il semblait clair qu’était sous-entendu : Je ne meurs pas, mais je ne guéris pas, Adieu va !

Ainsi donc, Henri avait disparu après que l’autre s’en soit allé le long des quais de Meuse en quête de peintures rupestres, Suzanne, Nadine et d’autres blondes s’étaient échappées, une brune Carmencita parisienne se pointait bien mais seules quelques graines de tournesol démontraient aux passant attérés que oui M’sieu dames on peut aujourd’hui être une agence de détectives privés et se faire cambrioler, se faire enlever son bien par des sbires irakiens, des athlètes internationaux et cependant monégasques ou des valets suisses du Vatican.

 

Les exploits de la bande qui avait dévalisé l’Arakiri devait cependant avoir été rapportés par la presse picarde puisque le portable d’Isidore afficha : vous avez un appel. Le dit provenait de ce curieux moustachu qui avait fait la une dans l’affaire de la croisière à Nil Saint Vincent.

 

Un mot d’explication pour les lecteurs étrangers qui ne seraient pas aux faits des mœurs belgicaines et tchantchinesques. Saint Pholien, le gai moulin et la rue du pot d’or ont perdu beaucoup de leur attrait depuis que Ryanair offre des voyages moins chers mais comprenez que dans une région où l’on est ni complètement turc wallon bien que francophone, ni franchement flamand bien que très italien mineur, il est normal qu’un Anglais de souche soit né à Ellezelles et se nomme Poireau, que de plus il porte le prénom ridicule d’Hercule l’amène tout de suite à hauteur d’Achille Talon,  la belgitude est dans le colimateur et l’enquête internationale d’isidore baudrelet sera bientôt à la une de la Dépêche, laquelle multipliera ainsi ses ventes par dix, par cent, par mille.

Bardoumont et Kervin de la Marcke Ten Driessche mandatèrent donc par la voix d’Hercule le petit Isidore à poursuivre son enquête, redécouvrir à la fois l’Henri, le perroquet qui devrait prononcer les mots prévus (Tortilla, tu m’as tué !)

 

La légende rassembla donc dans le bureau dévasté le bouquiniste Hyacinthe, mon grand père et les jambes fort joliment découverte d’Hélène.

Je m’appelle Hélène, déclara-t-elle, pastichant l’ancien Paridakarman et tendant la main, fine et distinguée à Isidore.

 

La Dépêche titra ce matin là d’avril :

 

Notre reporter Isidore Bautrelet sur les traces d’Henri !

 


06:11 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

hello Mais comment es-tu tombé chez moi???

Écrit par : Chantal | 14/04/2005

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