31/01/2005

Lundi

 

 

Pas la toute grande forme mais des envies de faire reculer les limites d’un monde assez étrange, le monde banal du quotidien...

 

Un lundi très différent des autres, quarante huit heures dans les bras et les jambes d’Hélène, pour lui faire oublier tous les garçons ... et la porte que l’on pousse, le bureau vide, déserté par Carter voguant qui sait où, empli de prospectus et de factures empilés comme le vent te pousse, une machine à café sale ( le poète roumain s’étant trompé d’adresse pour la livraison du nouveau perco ) ...

 

Bon sang on ne fait jamais le ménage ici ? pensa Henri en enjambant un coussin chocolaté, mais qu’a-t-on hécatombé ici, une orgie ? Cela ne ressemble pas à un bureau marlowesque, pas même une officine burmesque, du gris qu’entre ses doigts l’on roule, coup d’œil par la fenêtre, le jour se lève du côté d’Amercoeur... demain est un autre jour, soigner Lara, oui, des tournesols écrasés, éclatés, c’est un peu sale un perroquet.

 

Sale, sale sale sale caqueta l’oiseau qui donc parlait, Tortilla, tu m’as tué, prémonition d’un homard à la provençale jamais élucidé.

 

Ouais, c’est lundi ...

Mais comment enquêter en région liégeoise sans avoir la tête entre les deux oreilles ?


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25/01/2005

dès lundi ....

Ho là ! Oh là, je ne veux pas qu'il y ait de malentendu...

Xian, c'est un nom d'écriture

derrière Xian, c'est un homme à mille voix ( d'où le pseudo ) officier de marine, politicien, négociant en matériaux de construction, maître d’arts martiaux, nouvelliste et rédacteur dans quelques revues passées et présentes....

 

Ce n'est personne d'autre !

(Cela était déjà dans la notice ci-contre en marge mais il est parfois bon de se répéter)

 

Quant à Henri Sim, sûr et certain qu’il a été ébranlé par le choc, l’hopital,la belle Hélène qui lui est foncée dessus alors qu’il tentait de prendre du souffle....

La suite de l’enquête et la fin horrible d’un premier café liégeois dès lundi ....

 


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21/01/2005

Facture ?

Le mot facture sans doute avait rappelé Henri à la réalité, à moins que ce ne soit le parfum d’Hélène, capiteux, limite rousse en chaleur.

— Comment tu me trouves demande Hélène en faisant tournoyer sa jupe ?

Mais elle ne laisse pas à Henri le temps de parler, elle lui plaque les lèvres sur la bouche, Henri ressembla à un poisson rouge qui se noie.


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20/01/2005

Tu parles !

— On ne paye rien du tout répéta Henri.

— Tu parles, s’écrie Hélène, en fonçant sur son patron !


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19/01/2005

Hélène réfléchit, Henri a parlé !

Hélène se dmande si elle y trouvera de l’inspiration ....

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18/01/2005

On paye rien ! dit Henri.

 

Hélène avait donc longuement discuté avec sa nouvelle amie, car son interlocutrice était devenue une amie au fil de la conversation, malgré le regard désaprobateur des buveurs de thé.

 

Ce matin donc, Hélène ouvre l’agence, le petit panneau ouvert retourné du bon côté. Une tasse de café. Pipi. Mails. Fax. Courrier.

Rien n’est simple, tout se complique, ouvrir une agence de recherches, investigations et filatures (discrètes) au moment où tout fout le camp, de Roubaix à Tournai, qu’on peut acheter des tapis persans chez Ben Slimane qu’est Tunisien né à Belleville, que les enfants peuvent porter des noms à faire se dresser les quatre poils d’un notaire...

 

Tout ce qui arrive était imprévu, la note de la TVA, la lettre d’une solliciteuse, les papiers de sécurité sociale à refaire mais Henri est dans les vaps au SMURF (quoique si on lui parle de la sécu, cela ne va-t-il pas le faire revenir à lui ?), les formulaires pour la moto, ...

Pour la moto ? On n’a pas de moto ! Carter, t’as acheté une moto ? Bon il ne répond pas non plus et le simenonien du récit s’emballe se déballe s’approprie des effets de manche, s’érotise alors que le héros agonise, plus rien adéquat à qui ? Des quoi ? Adéquat, adéquate, adéquates au pluriel, toute la verve de l’écrivain se retrouve ici, une pile de lettres de documents des journaux toutes boîtes des réclames, des papelards, un machin pour que l’on verse ici, un autre truc pour que l’on s’acquitte là-bas, à payer, à régler, ...

La facture du brasseur,... tiens, et ça, qu’est ce donc ? Une facture de la graineterie Lavoisier, ah ? Oui, sans doute Henri aura-t-il acheté des graines de tournesol, fuit ! dis-donc c’est pas donné, une erreur certainement, quatre mille euros, c’est plus un perroquet, c’est une baleine, encore que je me demande, des baleines, cela mange-t’il des graines de tournesol, mais la facture ne précise rien, juste un numéro d’article, je vais aller les trouver, ce n’est pas possible.

 

 

Oui, dit le malade à l’infirmière, oui, il a commencé à parler tout seul ajoute-t-il en montrant Henri, étendu.

— Et que disait-il ?

— Les miliciens et militaires ont été à l'hôpital de Butare massacrer toutes les infirmières tutsi. Une infirmière hutu a aussi été tuée parce qu'elle était mariée à un "ennemi. Ce qu'elle a dans son ventre est tutsi ! Un génocide n'est pas seulement un massacre au présent. C'est aussi un massacre de l'avenir d'un pays, parce qu'on élimine femmes et enfants.

— Il disait cela ?

 

Nourrisson, sexes tendus,visages de femmes, jonquilles,enfants qui jouent, lacs, arbres, cuisses,seins, fauteuils, chambre, lait, tulipe, fourmis, un homme et une femme font l’amour, ciel de nuages, eaux, rires, danses, fruits, couchers de soleil, sang, plaies, cris, pleurs, bébé mort, corps à corps, fille ouverte, contre le corps, cadavres, terre, mouches, marche, camions, peur, cygne, soleil, cailloux, mains, ongles, feu, fusils, couteaux, chairs déchiquetées, bouées, camions, hôpital, ville, bars, bureaux, canons, police, bureaux, police, douane, police, Farjoux, tout cela dans la tête... tiens une odeur une senteur hellène.

Hélène me rend visite...

 

Hélène s’assied, tire un peu sur sa jupe et dit à Henri :

— Il y a plein de factures à payer...

Et Henri

Répond

— On paye rien !


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17/01/2005

Un café turc, c’était un bon endroit pour taper la carte

Un café turc, c’était un bon endroit pour taper la carte mais pour une conversation entre femmes ...

 

 

 

Henri est perdu dans un rêve érotique. Il est de nouveau dans quelqu’un. Une fleur imaginaire, Marguerite au cœur doré, il reste maintenant à l’extérieur de la fleur, même quand il la sodomise. Il ne la prend pas par-derrière, il la prend par dehors. Marguerite ou Pâquerette ouvre les yeux et libère sa bouche d’où coule un peu de salive. Elle s’essuie les lèvres avec le dos de la main.

        Tu as envie d’un truc spécial ?

        Il me semble qu’on est dans un truc spécial.

        Je veux dire m’attacher ou un truc dans ce genre-là.

        Oui, dit-il. J’ai quelque chose de spécial à te demander. Allons dans la chambre.

— Sur le lit ?

        Oui, sur le lit, tu vas voir.

De très spécial, oui, sur le lit. Chambre ovale, à peine éclairée par deux lampes de chevet recouvertes de caches verts pour qu’elles donnent encore moins de lumière. Pas de livres. Une grande télé, un gros bahut. Des rideaux à fleurs rouges. Plus que du goût du tact.

Rue du Pot d’Or.

 

Farjoux gueule au travers de tout le commissariat : Je l’ai, je le tiens, j’ai fait suivre la poule du photographe, on les tient

Mais qui chef demande Janvier

Les drogués, ceux qui assassinent nos enfants !

Je téléphone à Julos du Macramé, le nouveau proc et je fonce avec une commission d’interrogatoire, on les tient, demain, toute la brigade ici à six heures moins le quart !

Et que ça saute !

 


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15/01/2005

Boulevard de l'Est. Midi.

 

Hélène avait noté une remarque faite par Puck dans la Gazette...

«Les suicides collectifs vont se poursuivre, prédit un psychosociologue. Les enfants gâtés nés durant la "bulle" économique des années 80 ne savent plus à quoi se raccrocher. Rien ne les intéresse. Pas même la vie, qu'ils quittent sur un coup de tête.» Ainsi, on se rappellera qu’en février 2003, l'annonce du report de la vente du jeu vidéo de combat Dead or Alive a traumatisé les fadas de jeux vidéo. Furieux, 147 d'entre eux, collégiens ou lycéens, se sont suicidés en gobant des poches de silicone.

Hélène se disait que les circonstances de la vie sont étranges. Elle s’était proposée comme secrétaire à une association de deux jeunes entrepreneurs entreprenants, le dynamisme de l’UCM en plus et voilà qu’elle se retrouvait avec Puck à rassembler des notes d’enquêtes éparses. Le photographe avait perdu son Yashica, le fouineur s’était emmêlé les pinceaux dans les jambes d’une blonde trop sexy puis avait basculé cul par-dessus tête pour se retrouver bêtement au rayon des jouets Collodi.

Au SMURF, on n’était pas enthousiaste sur la reprise, le psycho de service annonçait que jamais ce Sim ne vaudrait l’autre, qu’il n’était pas parvenu à caractériser les couloirs d’autobus liégeois et à décrire le bar d’Henri, que même Libellule en aurait mangé son chapeau WARF WARF WARF Tout cela ne valait même pas un crouton, l’ancien scénariste qui avait lui aussi commencé par l’école navale et le Mercator en pleurerait.

Virage de bord, forte tête, serial lover des thés dansant du Bon Marché, l’Henri n’allait tout de même pas clamser comme un vulgaire brochet pris en remontant le Hoyoux. Pour l’instant, il constatait qu’on venait de le transférer dans une chambre à deux lits, son état ne nécessitant plus que des passages sporadiques des médecins et infirmier.

Il comprit sans pouvoir ouvrir les yeux que le malade qui était dans la chambre avant lui avait le lit côté fenêtre et que sa femme apportait des madeleines dans une boîte en carton qu’elle froissait ensuite avant de la jeter dans la poubelle qui devait se trouver dans un cabinet de toilette jouxtant.

 

Hélène pressentait une horrible vérité depuis huit ou dix jours déjà mais ne parvenait pas, malgré l’aide active du professeur Piat et de Puck, a établir un point de chute, un atome crochu.

Farjoux consulté se posa la question de savoir si l’enquêteur Henri ne s’était pas lui-aussi suicidé ... et raté.

 

Boulevard de l'Est. Midi.

Les cloches de l'église, toute proche, égrènent leurs douze coups. Hélène va rencontrer Loubna, technicienne de surface qui a appelé Puck hier, elle aurait des choses à dire mais elle ne veut pas que l’on cite son nom dans le journal.

Hélène lui a donné rendez-vous dans un café turc dont elle connaît le patron.

 

 


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13/01/2005

Hélène se servait de la carte d'Henri

Hélène se servait de la carte d'Henri

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Hélène écoutait ...

Hélène écoute attentivement son interlocutrice.

 

Le premier pas à franchir est le plus dur. Après, c’est d’une facilité déconcertante. C’est même euphorisant. J’ai commencé par boire une bouteille de mirabelle d’un seul coup. J’ai toujours détesté l’alcool. Je ne supporte plus les alcools forts depuis ce jour. C’était comme des lames de couteaux dorées entaillant mon œsophage, ça m’arrachait la gorge. Me brûlait l’estomac. C’était horrible mais je continuais. Je buvais en avalant des somnifères avec de bouteilles entières de Siwaco Citron, de la cortisone et de la chimiothérapie sous forme de cachets. Des boîtes entières. Une dose mortelle. Puis, je me suis injecté des centaines d’unités d’insuline avec une sorte d’extase, de plaisir. L’équivalent d’un mois de traitement en quelques minutes sous ma peau. J’ai quitté l’alcool, restant à boire sans cesse des Siwaco, à l’orange, à la fraise. Puis, j’ai avalé une bouteille de whisky. J’en voulais encore plus. Au bout d’un moment, on n’arrive plus à s’arrêter tellement c’est délicieux. Parce que l’on sait que l’on va mourir. Je me suis levée pour aller chercher d’autres doses. Je titubais. Je suis tombée dans le couloir entre ma chambre et la cuisine.


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12/01/2005

Nevermind

Il m’a reconnu, j’en suis certaine s’écria Mélissa

 

 

Il y a bien plus sournois que le suicide. Il y a l’autodestruction, lente, à petit feu. Raisonnée. Réfléchie. Ainsi racontait Mademoiselle Petipa à Hélène, calfeutrée dans un gilet de laine angora. Je continuais à me détruire sans jamais rien dire, avec une seule envie : vivre. J’écoutais Nirvana. Nevermind évidemment. C’était un copain du lycée qui m’avait initiée deux ans auparavant. Ça exprimait bien toute la violence qu’il y avait en moi. Violence contre moi-même. Ceux qui détruisent les autres parce qu’ils n’ont pas le courage de se détruire eux-mêmes sont des lâches. Des impuissants. On n’a pas à afficher sa déchéance. C’est un manque de décence, de respect et de politesse. La mort confère une pudeur que la violence extériorisée ignore.


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11/01/2005

Il cligne des yeux

A propos du suicide, suite d’un entretien avec Monsieur le Professeur Lafontaine-Pia, de l’Institut de surveillance du suicide.

(Puck, reporter à la Gazette et à la Dépêche, free lance).

 

Mieux vaut savoir se taire parfois. Ceux qui se croient intelligents en disant  « tu veux te suicider ? Viens, je vais t’aider ! » sont assez peu psychologues, on pourrait même dire que ce sont des cons, si le rédacteur en chef tolérait ce genre de vocable. On ne parle pas de ce que l’on ne connaît pas. La provocation au suicide demande une subtilité que ces bourrus n’ont pas. La moindre erreur dans la tactique, et cela peut pousser à l’acte quelqu’un qui n’a pas envie de se suicider mais qui a simplement besoin qu’on l’aide, parce qu’il ne sait plus exprimer sa souffrance autrement que comme cela. Et au contraire, quelqu’un qui a vraiment décidé d’en finir n’a besoin de personne. Et surtout pas d’un con qui lui dit qu’il va l’aider. Le suicide est un acte foncièrement solitaire. Silencieux. Froid. Calculé. Même impulsif il est calculé dans les minutes, les secondes qui le précèdent, quelle que soit la méthode employée.

 

Étonnante conclusion de la collaboratrice de l’agence L’ara qui rit, une exclusivité de notre journal sous la plume de Puck reporter : En bref, Mademoiselle Hélène, elle s’appelle Hélène comme d’autre s’appellent Henri, nous a confié qu’elle était sur une piste intéressante.

 

En réalité, cette affaire aurait dû être suivie par l’un des patrons de l’agence mais Henri Carter, urgemment demandé pour un reportage entre Barchon le viaduc et Aubel-lez Poires ne pouvait poursuivre tandis que le malheureux Henri Sim dont on connaît la mésaventure est toujours au CHSMURF de Seraing.

 

Mademoiselle Hélène nous ayant demandé la plus grande discrétion nous ne pouvons évidemment dévoiler le secret de l’enqûet mais il appert que le suicide n’est pas du tout établi et que l’on a affaire ici à une volonté, un tueur lâche, un meurtrier sournois.

 

 

Précisément, au centre hospitalier, Henri pour la seconde fois sembla reprendre connaissance au moment où son ami Bruno et sa compagne Mélissa venaient prendre de ses nouvelles. La féminité de Mélissa mit en émoi tout le bâtiment, depuis le portier jusqu’à un malheureux qui faillit quitter sa chaise roulante. Il faut dire que cette métisse d’Ibiza avait du caractère et de la cambrure.

 

Mélissa expliqua à l’aide–soignante de garde permanente affectée depuis trois jours à Henri une théorie fort intéressante sur les rêves et le coma éthylique. Elle poussa l’explication jusqu’à penser que l’on pourrait traiter Henri avec des ventouses, comme elle l’avait vu faire lors d’une séance de thérapie chez Josette. Puis, suçant le bout de son index elle affirma tout à trac, moi, un mec dans les vap, je le suce et ça le fait revenir à la vie en cinq secs.

 

Il fallut toute la persuasion de Bruno pour l’empêcher de soulever les couverture et à appliquer à Henri ce traitement fougueux qui pourtant, pourtant ....

 

Eh ! regarde, dit Mélissa à Bruno, regarde, il cligne des yeux, il ouvre les yeux.


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10/01/2005

Sans préavis

Lundi matin, sans préavis, les rotatives du journal "La dépêche" se sont arrêtées pour cause de maintenance de grève syndicale.
La gazette paraîtra-t-elle demain ?

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09/01/2005

Dans la gazette de demain ...


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07/01/2005

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C'est ça, n'est ce pas ?

J’ai eu envie d’elle...

Et de lui dire.

Personne n’a rien entendu mais quelqu’un a dit qu’on allait me laisser me reposer, que c’était déjà un fameux pas en avant, que j’étais pas à même de comprendre.

Cela me rappela une émission de télévision regardée; une reprise, tournée plusieurs années plus tôt; je devais avoir sept ou huit ans, j’étais trop jeune pour la comprendre, avait dit ma mère. C’était le genre de programme qu’elle aimait suivre : historique, pédagogique. Elle essayait ensuite de m’expliquer, de me dire que les événements que l’on montrait s’étaient réellement passés, mais pour moi ce n’était qu’une histoire fabriquée par Monsieur Tchernia. Je suppose que tous les enfants pensent la même chose de toute histoire antérieure à la leur. Si ce n’est qu’une histoire, cela devient moins effrayant. Quelle est mon histoire me demandais-je avant de refermer les yeux.

 

— Il s’est rendormi dit Farjoux, je vous salue tous. Et il s’en alla vers l’ascenseur pour regagner le commissariat.

— Bon je m’en vais déclara Henri Carter, embrassant tendrement la joue d’Hélène.

Quand tout le monde fut parti, Hélène restée seule avec Henri s’approcha du lit et déposa ses lèvres sur les siennes, il lui sembla que l’homme avait frémi mais comme elle-même était cœur battant, elle ne fut sûre de rien. Elle quitta la pièce après avoir serré bien fort la main du dormeur.

 

Tout fout le camp dans cette histoire et l’auteur se retrouve comme dans bien de ses œuvres à courir derrière ses héros, le photographe, les complices et surtout ses héroïnes pour que les uns tiennent leur rôle et que les autres enlèvent leur robe.

 

Hélène fait demi-tour au milieu du couloir, elle pousse la porte de la chambre d’Henri, elle entre comme une descente de police, elle le regarde et dit :

 

— Moi aussi, j’ai compris tu sais ! puis, elle se tourne vers la tablette de la fenêtre sur laquelle la petite cousine italienne avait déposé il y a une demi-heure la bouteille vide de la limonade qu’elle avait bue.
Henri, Henri, essaye de me dire quoi, de me dire où, je sais que c’est ça, c’est ça n’est–ce pas ?


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06/01/2005

Henri tourna la tête vers Hélène

 

Un mois, six mois, dix ans, depuis combien de temps suis-je ici ?  Mon cerveau me dit qu’il y a du monde autour de moi, c’est l’hôpital, c’est l’heure des visites, du bruit, des femmes, Carter, j’entends Henri le photographe, il raconte des histoires de réveillons, quel réveillons, me réveillé-je en 2010 ?

 

Mon œil a accroché une lueur néon, j’ai horreur des néons, des plastiques des inox, voulez-vous fermer la lumière dis-je.

Tout le monde s’en fout, tout le monde parle en même temps, il y a même la Mama, et Giorgio et Gigi, vous allez dire que je déboise encore, pas du tout, je les ai reconnus, la Mama, celle de chez Elio, et son fils maudit, j’étais heureux que l’on prenne de mes nouvelles, j’étais malheureux de ne pas bien comprendre ce que je faisais là.

 

Quelqu’un, quelqu’une dit d’une voix chantante : Je vais aller à la machine en bas me chercher un Siwaco.

— Il a ouvert les yeux, cria Hélène

— Tu as ouvert les yeux, répéta Henri Carter.

— Bon sang mais c’est bien sûr, dit Farjoux, en me regardant droit dans l’œil gauche comme si je devais avouer le plus sordide des crimes.

Quelqu’un éteignit le néon et l’on débrida les louverdrapes, un flot ensoleillé envahit la pièce.

 

Une infirmière qui passait dans le couloir, ameutée par le chahut vint se renseigner.

— Il a ouvert les yeux, redit Hélène

— Alors mon bon Monsieur, vous allez bien, demanda la professionnelle, m’abandonnant tout de suite à la meute hurlante de mon entourage.

 

 

Henri me prit la main, dit que j’étais mou, Farjoux m’observa en disant que oui, bon sang, c’est bien sûr il a l’œil ouvert mais vide, il ne vous voit pas, Henri, nous vois-tu.

Je dis que oui mais aucun son ne sortit de ma bouche, alors, me souvenant d’un film de Zannuck, je clignai de l’œil. Un clignement pour oui, deux clignements pour non, les trois clignotements passèrent inaperçus.

 

— Tout va bien dit Hélène, pourquoi parlait-elle à voix basse comme si on allait me donner l’extrême-onction, quelle sale maladie avais-je pu cacher que l’on me découvrait ?

 

Je vois pourtant, je les vois, Hélène et Henri et la gamine qui revient avec une bouteille de boisson gazeuse et je veux parler, je veux dire que j’ai découvert quelque chose à propos de la prison Saint-Léonard, et quelque chose d’autres à propos de la fabrique d'armes d'Herstal, et aussi de l’université, et puis que des indices clairs se trouvent rue Léopold. Je veux dire  à Hélène que Puck sait tout mais n’a pas fait le lien. Le lien, je suis attaché, suis-je remuant ?

 

Pourquoi m’a-t-on attaché au lit ?

Autour de moi, on se calme, Les hommes s’assyent, la Mama me dit au revoir en versant une larme, elle me dit que ça ne fait rien si je ne veux plus venir encore passer des nuits au restaurant mais que j’y suis tout de même le bienvenu.

 

Farjoux sort de la poche de son battledress, souvenir de l’ancienne gendarmerie, un carnet relié de forte toile grise et y inscris un nom en murmurant, je le lis sur ses lèvres, Farjoux s’applique, il écrit au crayon comme les anciens, il note soigneusement : Patrick Hooton. Je le connais, de réputation seulement : spécialiste anglais de polars, grand amateur de pipes …

 

Henri tourna la tête vers Hélène qui se découpait sur fond de soleil, elle portait une robe en tissus imprimé blanche avec des fleurs héliotropes et l'on voyait bien ses jambes en transparence, deux colonnes d'or sombre sous le voile de la robe, j’ai eu envie d’elle


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04/01/2005

Un vent de folie souffle

Je sentais des vibrations dans l’air, des courants d’air, des airs de rien, des airs savants, il y a avait du monde aux alentours, visage, corps, membres j’étais déconnecté et sans voix, sans antenne, sans radar. Un brumisateur arrosait mes lèvres, la voix de madame Brown dit : aiguilles.

 

— Mais il faudra peut-être une troisième injection dit un voix off.

 

L’essentiel se déroulait derrière l’écran de ma nuit blanche, tout était blanc, étoilé, moléculaire, anarchique.

 

Je naviguais en pilotage automatique tout en sachant très bien le chemin à suivre. L’ami qui l’avait à zéro en avait-il tâté, lui qui écrivait :

Sous un mauvais crachin, je longe d'un pas traînant les immeubles de la rue Jean d'Outremeuse, aux balcons bardés de fer forgé.  Le voyageur de la Toussaint.

         Je fais, je refais le bilan : Albert Lacroix, obscur pigiste pour feuilles de choux locales.

         Tout de même, j'ai travaillé à La Gazette de Liège, comme lui.

         L'un ou l'autre manuscrit des romans que j'ai écrits à cette époque sous le pseudonyme de Bertie Cross traîne peut-être encore au fond d'un tiroir de quelqu'éditeur illettré.

         Aigri, je débouche sur la place du Congrès, ronde, dégagée, d'où s'échappent sept rues rectilignes.

 

Holà ! Qui vivent demande la garde de la ronde des nuits.

 

Bertie Cross ? S’foutait de moi celui-là. La Caroline du Nord et les amateurs de vols planés !

 

Il faudrait que je revienne parmi les vivants pour demander à boire, devait avoir bu, avoir bule, le karl à zéro, malade, mort, suis-je mort, comment les morts entendent-ils, enfin, demain, j’irai mieux.

 

Ça ira mieux demain

Je me demande si je suis en réanimation active ?

 

Où suis-je exactement ? qui suis-je, quel âge ? Je connais la solution, je sais qui a tué tous ces jeunes gens. Je sais et je ne sais rien dire. Apportez-moi des feuilles, des stylos, ce que vous avez sous la main, je vais écrire ce que je sais. Cela a commencé en Angleterre, du côté du spaghetti de Birmingham.

 

Ou à Hull ? ou à Chester ? J’ai mille et quelques années, et je suis toujours assis sur le même rocher battu par la mer, et je suis poussiéreux, Anglais sherlock me posant des questions, qui est le Dr Watson, n’est-il pas ? Dieu existe-t-il ? Suis-je réellement vivant ? Qu'est-ce que le génie ? Comment être libre ? Peut-on inviter des gens à l’intérieur ?  Dois-je écrire le plus vite possible pour être sur de ne pas me censurer ? Suis-je courageux ? Suis-je en prise avec l'essentiel, l'amour, la mort, le chocolat chaud, le porto vintage.

 

Dans le véhicule les policiers découvrent sept cadavres. La presse n’avait pas été mise au courant d’un détail étonnant : les quatre garçons et les trois filles s’étaient ligotés les uns aux autres. Ils ont une vingtaine d'années tous. Un désastre.

Une folie, collective ? J’ai tout compris, le départ anglais, Watson, Moriarty.

Le père Noël vert était devenu rouge et puis Hitler avait vu rouge et Churchill avait encaissé les gnons, refoulé du ventre, chassé les papistes. A la fin des années cinquante, l’ale et le lemon soda ne s’en remettent pas du désastre de Suez.

Les teddy-boys s'éveillent dans les rues, les artistes du pop'art dans les ateliers, les "jeunes gens en colère" dans la littérature et même les modders et les rockkers à Brighton. Quelques années plus tard, quatre chevelus triomphent dans tout le royaume.

Un vent de folie souffle, les espions viennent du froid, James Bond, mon nom est James Bond, Carnaby Street se minijupe et le Swinging London se psychédélise, la nation tout entière saute dans le train du siècle avec un siècle de retard, le Commonwealth s’écroule tandis que la mode s’anglaise comme les semaines et les clés.

Effervescence! On brocarde joyeusement les valeurs du passé, on sème la panique dans le show business, dans le monde des arts et de la mode; on offre aux soixante-huitards à venir une autre culture, l'Establishment et la Queen, hop envolés comme les actions des Lords de la City rachetées par les princes pakistanais, séoudiens, lybiens.

Le monde était encore à conquérir, des brasseries à reprendre, Chaudfontaine à casiner et thermaliser à neuf. A défaut de sauver la planète à Kyoto, on allait sauver les emplois à Liège.

—Bon sang, Hélène ? Tu es là ?

Ai-je dit.

Mais ils n’ont rien entendu.


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Nouvelle dépêche


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