15/01/2005

Boulevard de l'Est. Midi.

 

Hélène avait noté une remarque faite par Puck dans la Gazette...

«Les suicides collectifs vont se poursuivre, prédit un psychosociologue. Les enfants gâtés nés durant la "bulle" économique des années 80 ne savent plus à quoi se raccrocher. Rien ne les intéresse. Pas même la vie, qu'ils quittent sur un coup de tête.» Ainsi, on se rappellera qu’en février 2003, l'annonce du report de la vente du jeu vidéo de combat Dead or Alive a traumatisé les fadas de jeux vidéo. Furieux, 147 d'entre eux, collégiens ou lycéens, se sont suicidés en gobant des poches de silicone.

Hélène se disait que les circonstances de la vie sont étranges. Elle s’était proposée comme secrétaire à une association de deux jeunes entrepreneurs entreprenants, le dynamisme de l’UCM en plus et voilà qu’elle se retrouvait avec Puck à rassembler des notes d’enquêtes éparses. Le photographe avait perdu son Yashica, le fouineur s’était emmêlé les pinceaux dans les jambes d’une blonde trop sexy puis avait basculé cul par-dessus tête pour se retrouver bêtement au rayon des jouets Collodi.

Au SMURF, on n’était pas enthousiaste sur la reprise, le psycho de service annonçait que jamais ce Sim ne vaudrait l’autre, qu’il n’était pas parvenu à caractériser les couloirs d’autobus liégeois et à décrire le bar d’Henri, que même Libellule en aurait mangé son chapeau WARF WARF WARF Tout cela ne valait même pas un crouton, l’ancien scénariste qui avait lui aussi commencé par l’école navale et le Mercator en pleurerait.

Virage de bord, forte tête, serial lover des thés dansant du Bon Marché, l’Henri n’allait tout de même pas clamser comme un vulgaire brochet pris en remontant le Hoyoux. Pour l’instant, il constatait qu’on venait de le transférer dans une chambre à deux lits, son état ne nécessitant plus que des passages sporadiques des médecins et infirmier.

Il comprit sans pouvoir ouvrir les yeux que le malade qui était dans la chambre avant lui avait le lit côté fenêtre et que sa femme apportait des madeleines dans une boîte en carton qu’elle froissait ensuite avant de la jeter dans la poubelle qui devait se trouver dans un cabinet de toilette jouxtant.

 

Hélène pressentait une horrible vérité depuis huit ou dix jours déjà mais ne parvenait pas, malgré l’aide active du professeur Piat et de Puck, a établir un point de chute, un atome crochu.

Farjoux consulté se posa la question de savoir si l’enquêteur Henri ne s’était pas lui-aussi suicidé ... et raté.

 

Boulevard de l'Est. Midi.

Les cloches de l'église, toute proche, égrènent leurs douze coups. Hélène va rencontrer Loubna, technicienne de surface qui a appelé Puck hier, elle aurait des choses à dire mais elle ne veut pas que l’on cite son nom dans le journal.

Hélène lui a donné rendez-vous dans un café turc dont elle connaît le patron.

 

 


06:39 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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