14/12/2004

L'ara qui rit (25)

chapitre 2 (suite)

De la cuisine surgit Luigi, un couteau à désosser à la main.
— On insulte la patronne ?
Henri Carter aussitôt s’interposa, voulut dire que les mots parfois, les mots...
Marina, les yeux ronds et la bouche aussi, regardait Henri danser une sorte de gigue.
— Le Siwaco, le Siwaco ! disait-il.
— Allons, dit Carter, ne te mets pas dans des états pareils pour de l’eau minérale. On en boira une au bureau.
— Biesse ti, tu n’as rien compris non plus !Le Siwaco.
— Quoi le Siwaco ?
— Henri, réfléchit !
Henri Carter avait beau réfléchir, cogiter, remuer ses méninges, il ne voyait absolument pas où cela le menait.
— On va rentrer calmement, tu vas t’allonger un peu, dit Carter.
— Le Siwaco, déclara à haute voix Hélène.
— Eh oui, elle a compris mon vieux, dit Sim à Carter.
— Marina, fais nous du café, mille litres de café, Marina, je t’embrasse, grâce à toi j’ai tout compris.
Marina, très commerçante, ne posa pas de question, le client avait commandé, il avait l’air heureux, elle ne savait pas pourquoi mais elle fut contente de son bonheur.
Henri calmé s’assit et regardant Hélène comme pour quêter une approbation commença à expliquer que partout dans cette recherche d’un indice commun on ne trouvait rien, que c’était la lettre volée, que c’était le mystère des prestidigitateurs, qu’il n’y avait rien à voir, depuis le début on avait le nez sur une bouteille de Siwaco.
Il y en avait dans la fourgonnette découverte avec tous ces cadavres, six bouteilles décapsulées de Siwaco, dont une à moitié pleine, il y en avait chez le copain disparu d’Amadou, il y en avait en face de chez Madame Pointet.
Hélène dodelinait, Henri Carter faisait la moue, les Italiens pensaient que trop de chianti nuit au raisonnement des Liégeois.

00:12 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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