07/12/2004

L'ara qui rit (20)

chapitre 2 (suite)

Mathilde renifla l’after-shave Williams, tendit la joue et accepta un baiser du bout des lèvres. Farjoux sortit en claquant la porte. Il avait sa petite idée en tête. Il s’en alla en sifflotant vers la permanence, il lui sembla qu’il faisait beau.
Henri Carter replia le pied, rangea le téléobjectif, se dit que Henri serait content, il avait les photos qu’il fallait. Carter s’en alla vers sa fourgonnette rangée deux rues plus loin. Il irait d'abord au bureau, Henri Sim avait bien dit qu’il y passerait la nuit s’il le fallait mais que toutes les pistes concernant cette affaire serait dûment consignées et vérifiées.

Henri était assis dans le lit d’Hélène, il était un peu courbaturé, lui qui était habitué à ses aises de célibataire avait sans cesse rencontré le corps d’Hélène et les réactions avaient chaque fois été les mêmes, elle se tournait.
Et de quelque côté qu’elle se tourne, Henri s’y intéressait.
Il pensa qu’il faudrait faire du café, bien que son ami le poète roumain lui ait reproché d’en boire en phase d’excitation.
On ne se refait pas, quoique s’il ne trouvait pas de café, il se contenterait d’un chocolat chaud, Hélène devait certainement avoir cela en réserve.
Henri trouva du café Chat Noir et un berlingot de lait. Hélène semblait dormir, il passa doucement le long du lit pour atteindre la minuscule salle de bains. Le petit jour filtrait par les persiennes, il fait gris songea-t-il. Il regarda l’endormie, une petite fille paisible. Sa respiration régulière soulevait sa poitrine offerte et arrogante de nudité. Ses cheveux semblaient blonds, ils formaient une tache lumineuse sur un oreiller de crêpe de chine violet. Hélène aimait le violet, elle disait que c’était une couleur tendre.

Henri se fit couler un bain tiède, il y resta longtemps dans l’espoir de se détendre mais cela n’était pas possible. Hélène ici tout près, et cette affaire, la suite des contacts qu’il avait eu grâce à Amadou, il sentait qu’il tenait une piste sérieuse, il ne savait pas encore quel indice allait l’aiguiller mais il était sûr que tout allait se découvrir, qu’un écheveau allait se dérouler. Henri chercha dans la petite armoire et trouva un rasoir de sécurité avec une lame qui avait l’air neuve. Il pensa qu’Hélène se rasait les jambes, oui les jambes se sourit-il à lui-même, pas ailleurs.
Il fit mousser soigneusement la crème. Ensuite, il s’habilla lentement.
Il était assis dans la kitchenette quand Hélène vint le rejoindre, perdu dans ses pensées, il ne l’avait pas entendu venir.
Henri expliqua à Hélène ce qu’il attendait d’elle puis, il se dit qu’il fallait appeler Carter qui devait être fatigué d’une nuit blanche.
Il laissa sonner le GSM trois fois et raccrocha, c’était un signal convenu.
Personne ne répondit.
— Où crois-tu qu’il est demanda Henri ?

18:30 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.