01/12/2004

L'ara qui rit (16)

chapitre 2 (suite)

© Casterman  
Ce fut Hélène qui arriva la première. Elle entra, un classeur à courrier sous le bras, vêtue d'une pimpante robe claire qui, si elle n’était pas de saison, était courte. Elle était charmante, ainsi, et plus encore lorsqu’on levait le regard vers ses adorables yeux et ses boucles brunes – parfois auburn, d’autres jours à mèches rousses.
Elle avait une démarche dansante, qui mettait en valeur un corps, ravissant, qui me rendait rêveur. Je me dis qu’Henri Carter aurait aimé la photographier : le lui avait-il déjà demandé ? En fait, je la regardais comme un amateur de quatre chevaux à qui on offrait une Jaguar.

Je remarquai qu'elle avait pleuré. Je m'en fichais royalement, c’est vrai que je la trouvais tarte et jolie, efficace mais brouillonne, mais depuis que j’avais rencontré Florence, quelle femme existait encore ?

Après un bonjour du bout des lèvres, qui la surprit tellement qu'elle me répondit à. mi-voix, je lui dis :
— Laissez le courrier, Hélène, je vous appellerai plus tard.
— Bien, monsieur Henri, répliqua-t-elle, visiblement décontenancée, en claquant la porte un petit peu plus fort qu'il n'eût convenu.

Je n'avais pas essayé de la coincer pour l'embrasser comme les autres jours, était-elle mortifiée. Je ne savais pas me conduire avec les femmes.

Une fois seul, je dépouillai les lettres et mis à part celles destinées au département photographique. Alors, et cette Florence !!! J’impatientais. Je laissai vagabonder mon imagination jusqu'à la rue Dessus-l’Eglise où je l'avais déposée hier soir. Elle avait beaucoup apprécié la balade en Gordini. Ce sursis me permettait de parcourir la correspondance en suçant quelques Marlboro.(Depuis que je ne fumais plus, je suçais des cigarettes chaque fois que j’étais énervé). Je fus tenté de lui téléphoner, puis je me ravisai, malgré que j'en mourus d'envie. . .

00:49 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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