30/11/2004

L'ara qui rit (15)

chapitre 2 (suite)

Enquête sur les suicidés morts dans la région liégeoise

Les mots avaient été tracés au marqueur indélébile à grosse pointe feutre, de couleur rouge sur le carton de l’épaisse chemise déposée sur le bureau d’Hélène.

Au-dessous, une main moins soigneuse avait ajouté :

1. Collation de notes diverses et de coupures de journaux
2. Rapports de visites
3. Remarques d’investigation

Au hasard des feuillets plus ou moins bien rangés, on peut lire :

Une étude de l’Université annonce que la majorité des suicidés sont des hommes d'âge mûr qui se tuent en raison de graves problèmes de santé ou de difficultés économiques (endettement, faillite, chômage).

Il semble que le suicide ne soit plus l’apanage de l’amoureux éconduit ou du fils troublé par les amants de sa mère, écartelés entre leur passion et les exigences sociales.

Une accolade et ces mots : semble n’avoir rien de commun avec le phénomène actuel.

Article de VST (coupure partielle) : Les suicides collectifs reflètent assurément l'extrême mal-être ressenti par la jeunesse de la cité mosane. Est-il plus prononcé qu'ailleurs ? Isolés, hantés par un sentiment d'absence de sens à donner à leur vie, ces jeunes pensent à une action commune qui devient à un suicide collectif.

En exclusivité VST vous propose l’interview du jeune Dardenne : Comment j’ai échappé à la mort avec mes copains.

Une surlignure jaune fluo et un mot à l’encre verte : Idiot – fausse conversation.

Ils n'ont sans doute qu'un vague désir de mettre fin à leurs jours. Mais dans le partage de leur désespoir et de leur solitude s'impose progressivement à eux l'"évidence" de se tuer avec un ou plusieurs compagnons de détresse : pour la première fois, ils ont le sentiment de partager quelque chose, d'être entendus, d'avoir noué une relation. A deux ou à plusieurs, soulignent les psychiatres, le pas fatidique leur semble plus facile à franchir. (Extrait du journal médical bihebdomadaire : Toubib or not Toubib)

En gras dans New Détective : Notre reporter à Droixhe : les tours secrèteront-elles de nouveaux suicidés ?


Henri referma le classeur en marmonnant des imprécations à propos des écoles de secrétariat qui ne formaient sans doute que des plombiers compétents et se leva de la chaise sur laquelle Hélène allait venir déposer son postérieur. Au moins, elle n’était jamais en retard de plus d’une demi-heure.

Henri regarda sa montre, pensa au lapin blanc d’Alice ce qui lui donna une mine souciante. Florence devait arriver, Henri et elle s’étaient donné rendez-vous à l’agence après avoir quitté Maurice il y a une semaine en s’exhortant l’un l’autre à poursuivre, chacun de son côté, des recherches sur tout ce qui avait de près ou de loin pu modifier le comportement de quelques uns des « suicidés » dont on avait maintenant les noms et les adresses correctes.

Hier, Florence avait téléphoné pour dire qu’elle croyait bien avoir découvert quelque chose d’important. Henri lui avait laissé entendre que lui-même était impatient de la revoir.
Henri lui avait demandé de venir assez tôt puisqu’il avait été question d’une visite éventuelle dans une chaudronnerie.
Henri fit un petit geste de lèvres, une moue, une visite un jour de Saint-Éloi pensa-t-il... cela peut mener loin...

02:13 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

C'est bien joli par ici....
Et le café?? ;-)

Écrit par : Fléa... | 30/11/2004

déjà servi mais il faut laver sa tasse, je suis tout seul, cette Hélène n'est pas encore arrivée !

Écrit par : xian | 30/11/2004

essoufflée !!!!! mais comment ? déjà? non, il est bien trop tôt ! à six heures, je me bats encore avec mes draps, en rêvant (incroyable rêve) que je correspond avec un homme ! !

Écrit par : hélène | 30/11/2004

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