20/11/2004

L'ara qui rit (12)

chapitre 2 (suite)

Ils avaient l’air de deux amoureux de Peynet, il était pâle, elle était rose. Leur entrée fut saluée d’un cri perçant suivant d’une série de sifflements.

— Je ris de me voir si belle en ce miroir ?
— Très juste, Monsieur, très juste dit la dame assise à un petit bureau de coin. Il ne connaît d’ailleurs rien d’autre. Se retournant, elle donna une arachide à l’ara.
— Que puis-je pour vous ? enchaîna dynamiquement Hélène, nouvellement en service à l’agence ARA.
— Nous aurions voulu voir Monsieur Sim, dit le jeune homme en tournant un peu son écharpe dans ses mains.
— Ou Monsieur Boisson, acheva la demoiselle en tirant sur son pull pour le descendre plus bas que le nombril, ce qu’il refusait obstinément de faire.
— Et c’est de la part de ?
— Guy Bayet. Bé A I grec e té Guy, c’est à cause Jean-Pierre.

Hélène suça le bout gommé du crayon et annonça qu’il n’y avait pas de Monsieur Boisson.

— Madame alors, déclara le jeune fille.
— Madame ? s’étonna Hélène, puis elle sourit ajouta non non, il n’y a ni Madame ni Monsieur Boisson, c’est une erreur, il y a Monsieur Carter qui ne peut pas vous recevoir.
— Ah
— Il est en tournée, mais si vous laissez votre adresse, Monsieur Sim pourra peut-être voir ce qu’il peut faire pour votre Jean-Pierre. C’est votre fils ?

Les deux jeunes gens se regardèrent ahuris.
— Je vois que non, dit Hélène. Je suis la secrétaire de Monsieur Sim. Et aussi celle de Monsieur Carter, expliquez-moi, je vous dirai si un rendez-vous est probable, mais, il y aura une fiche à remplir.
— Oui, oui oui, murmura Marie-Jo.
— Eh bien ?
— Voilà, dit Guy Bayet, j’ai reçu ce matin, enfin hier, une lettre, un courrier de mon ami Jean-Pierre Binche, de Montpellier.
— De Binche ou de Montpellier, il faut savoir, dit la secrétaire, attentive.
— Non, Binche est son nom, il est d’ici mais poursuit ses études à Montpellier.
— Il les rattrape ?
— … ?
— Continuez donc, je note le nom, il s’agit en conséquence d’enquêter sur Monsieur Jean-Pierre Binche qui aurait disparu à Montpellier.
— Pas du tout, mais je crois qu’il est mort.
— Mort ?
— Je me demande bien si nous sommes à la bonne adresse murmura Marie-Jo à l’oreille de Guy.

Sur la chaussée voisine, les bagnoles éclaboussées de reflets d’enseignes allaient de leur petit ballet de fin de journée syndicale.
Henri rangea soigneusement la Dauphine Gordini d’occasion qu’il venait d’aller acheter chez Georges, un ferrailleur connu. En deux pas, sans même être mouillé, il se trouva devant l’agence, il regarda amoureusement la plaque soigneusement sidolée et entra.
Craaac !

— Ah je ris de me voir si belle en ce miroir.... siffla l’oiseau d’Afrique, héritage de l’ancien colonial de la famille Carter.
— Bonjour Hélène, bonjour Madame Monsieur.
— ‘Jour patron, dit Hélène.
— On s’occupe de vous demanda aimablement Henri au couple qui se dandinait.
— Leur copain Montpelliérain est mort, déclara Hélène.
— Mes condoléances, dit Henri.

01:09 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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