16/11/2004

L'ara qui rit (9)

chapitre 1 (suite)

On aurait pu croire qu’Henri passait sa vie de restaurants en cafés, ce n’aurait été qu’une vision tronquée de sa vie de cette époque-là.

La rencontre avec Puck, reporter, lui avait donné des idées qu’il avait provisoirement dû ranger, plusieurs appels téléphoniques ayant démontré l’efficacité de la publicité dans le petit journal gratuit du quartier.

Il avait fallu retrouver un chat perdu, faire rembourser un ticket de chemin de fer retour non utilisé, rendre un colis mal distribué et suivre durant quelques jours une affolée des gambettes que son mari soupçonnait, à tort, de les écarter pour les beaux yeux d’un bellâtre.

Il y eut également une mission menée à bien de concert avec Henri Carter, l’action se déroula dans le Carré, un moment on aurait pu confondre l’ambiance du Sweet Bunnies avec celle du Gai-Moulin aux banquettes de velours grenat, aux entraîneuses aux épaules nues qui relèvent leur robe pour tendre leurs bas, ses quatre musiciens de jazz-band et dont une porte latérale s'ouvre sur la rue Pot-d'Or interdite aux militaires et aux ecclésiastiques.


Une autre recherche fut commandée par un Ferdinand Deblauwe, un journaliste ami de Puck. Cela mit un peu de beurre dans les épinards et permit de payer un premier loyer, les gages de madame Michu, de passer une petite annonce pour engager une secrétaire qui à l’instar d’une Della Street pourrait prendre le téléphone, accepter de ne recevoir son salaire que si le chèque du client était couvert et faire un bon café le matin, et toutes choses que les deux amis refusaient de faire et qui pourtant étaient indispensables.

L’agence ARA avait désormais pignon sur rue. Et Coco, l’ara hérité était soigné aux petits oignons. Il préférait les graines de tournesol, Madame Michu avait signalé un grainetier sympathique tenant boutique à trois rues d’ici.

00:05 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Les débuts sont durs... Enfin un peu de beurre dans les épinards et tout (re)démarre...

Écrit par : Ixième | 16/11/2004

Les commentaires sont fermés.