13/11/2004

L'ara qui rit (7)

chapitre 1 (suite)

En peu de temps, environ dix-sept jours, le téléphone fut installé, le minitel interdit (H.C-B en ayant choisi un rose) l’eau courante calcaire de robinets en robinets, l’aélé mit même à notre disposition un câble qui faisait télévision Internet et lien pour soutenir un pot de fleurs risquant s’écraser sur le parquet nouvellement collé.

Nous avions trouvé une brave dame de l’immeuble voisin qui acceptait de venir trois fois par semaine vider les cendriers et remplacer le savon du petit lave-mains de la toilette, j’avais choisi le bureau du fond, une porte vitrée sur le couloir, une fenêtre sur la Meuse, je pouvais m’issuer en cas de pétard et autres divorcés récalcitrants.

Henri le photographe avait installé un gourbi du côté jardin avec une pièce ancien placard devenu labo, il allait pouvoir développer, agrandir, relooker mater, surbrillancer et même inviter sa poétesse de copine pour passer l’après-midi, je connaissais le lascar !

Nous n’attendions plus que le client.
C’est pas tout de se sentir principautaire, faut vivre, tout le monde ne s’appelle pas Albert.

© Tillieux 1957  
Ainsi donc, nous devisions Henri et moi de choses importantes pour notre collaboration : tu les préfères blondes, que penses-tu de Chez Henri, petit bar-resto à Uccle, quand prends-tu tes vacances... ?

« Ding dong »

Le carillon de la porte d’entrée, un client.
Une cliente.

— Entrez chère madame, un instant, nous allons vous recevoir, un moment, je termine ce dossier.

J’ouvre et referme un dossier qui ne contient qu’une liasse de Rappel qui est un journal local.

— Que peut-on pour vous ? demandai-je à la magnifique personne qui me faisait face.
— Eh bien, dit-elle, c’est pour une enquête, voulez-vous répondre à ce questionnaire, vous n’avez rien contre les étudiants n’est-ce pas ?

J’avais en la regardant de moins en moins contre les étudiants, j’aurais même été plutôt contre, close up aurait dit Sherlock qui parlait, j’imagine l’anglais comme vous et moi.

Une demi-heure plus tard, la demoiselle ayant quitté son siège, une de ces chaises dessinées par Franquin, trois pieds instables et votre fondement enfoui dans une impossible position d’équilibre, Henri furibard m’apostrophe :
— Eh bien, presque une heure pour évacuer une importune, on n’est pas prêt de faire fortune, tu penses aux coups de fils ratés ?
— Ratés ?
— M’enfin, regarde, ton coude a bousculé l’appareil, le combiné est décroché.
— J’ai mon portable, un client peut m’atteindre sur mon portable tu n’as pas mon numéro ?
— Moi si, le client non, toute notre publicité affiche le numéro du fixe.
— Bien mon général, répondis-je en verve, nous engagerons une téléphoniste !
— On n’a encore rien gagné.

Mon nouvel associé serait-il avare ?

— A propos dit-il (de quoi, pensai-je ?) il faudra tout de même prévoir une cage.
— Une cage ? On va faire des prisonniers ?
— J’ai hérité d’un vieil ara.
— Un vieillard comment ?
— Ara.
— Ara ?
— Ara, ara. Grand perroquet d’Amérique du Sud de la famille des psittacidés, remarquable par ses couleurs vives et sa longue queue.
— C’est comme moi, dis-je enjoué … mais que va-t-on en faire ?
— Ce sera notre mascotte.

00:11 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Rendons à Maurice ... l'illustration du jour est de l'illustre Tilleux, dit Momo pour les intimes, un Hutois dont le papa était chef de gare

Écrit par : xian | 13/11/2004

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