12/11/2004

L'ara qui rit (6)

chapitre 1 (suite)

Avant que le compère de Boileau, Thomas Narcejac et que Pol Vandromme en parlent, peu de gens connaissaient Georges Sim, il convient de lever le voile, Henri Sim n’est pas de la famille, il ne peut y avoir de confusions nominatives malgré la coïncidence évidente : il y a une unité de lieu qui n’échappe pas, on ne peut s’enfuir de chez soi, je me serais appelé Faulkner et j’aurais logé face à un salesman de Cadillac que la faute n’en n’incomberait qu’à mes parents. Respectant leur anonymat voulu, (papa est comptable en noir et maman fait des ménages rue Hayenneux chez d’anciens rupins du hasard) je peux tout de même dire que je suis né au 81 du boulevard de la Constitution.

J’ai fait des études, qui n’en fait pas de nos jours ? à l’école communale puis chez des jésuites à Carlsbourg où tous les mâles de ma famille étaient obligés de décliner rosa, des cousins se sont expatriés, j’ai avancé mon engagement, para cela me semblait intéressant, cela n’a été que déplorable, les armées européennes volant de défaites en défaites. Une aventure américaine, une africaine, une eurasienne, le temps passe, comme le temps passe, on ne voit pas les enfants grandir.

Des habitudes de discrétion.

Un flash mal dirigé dans une galerie commerçante, un loubard en cuir avec Rolleiflex, presque chauve tenu par la cravate. En réalité un polo bon marché fabriqué en Thaïlande. Surprise :
— Henri !
— Henri !
— Des années qu’on ne s’est vu. Pourquoi t’as tiré mon portrait. Qu’est-ce que tu deviens ?

Pousse-toi sur la chaise du snack.

— Une aventure américaine, une japonaise, une australienne.

Des habitudes de recherche, de mise en page, de recoupement.

Six mois plus tard, les deux compères Henri Sim et Henri Carter-Bisson sont devant le pas de porte.
Henri Sim souffle un peu de buée sur la plaque cuivrée, gravée, il frotte de son mouchoir, cela brille, c’est beau.

Henri SIM & Henri CARTER-BOISSON
Filatures, reportages, enquêtes.

— Nom d’une pipe en bois !
— Tonnerre de Brest !
— Le con !

Bien entendu, les Henri’s exprimaient vertement leur mécontentement au vu du O extravagant gravé pour l’éternité dans le bronze.

00:04 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

? quel henri est sur la photo
:)

Écrit par : imagine | 12/11/2004

on ne peut laisser un lecteur dans l'angoisse celui en rose

Écrit par : xian | 13/11/2004

oh, belles fesses ;)

Écrit par : imagine | 13/11/2004

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