11/11/2004

L'ara qui rit (5)

chapitre 1 (suite)

— Bonjour Henri, tu vas bien ?
— Et toi Henri ? Tu vas bien.

Et les deux compères de rire, ce qui n’était pas une affaire discrète quand on connaissait Henri Sim, près de cent kilos de muscles sous un feutre mou. Quand Henri expectorait, une vague glissait jusqu’au pont de l’Atlas.

Le pont de l’Atlas V

Henri Carter-Bisson (du nom de son épouse dont la famille avait des biens et un compte au Luxembourg), était venu déposer ses cinquante ans sur la banquette, il rangea son rire, souffla un moment.

— Eh bien, dit-il, je crois que j’ai l’affaire, d’ailleurs, j’ai déjà signé le bail.
— Comment çà, à quel nom ? Tu vas vite en besogne.
— Tu avais dit « On ouvre le six », je suis dans les temps, un moment pour passer chez Ikéa, une semaine pour tapisser à notre goût, installer le labo, les appareils de communication, visser une belle plaque en cuivre, L’Ara qui rit , agence privée, filatures, reportages, enquêtes, des professionnels à votre service ! Les cartes de visite sont à l’impression, les factures d’honoraires peuvent se compléter avec ton Mont Blanc. Nous serons à la Saint-Nicolas, quelle meilleure date pour commencer ?
— Tu manges un bout ?
— Pour sûr.
Henri demanda au garçon « C’est quoi le plat du jour ? »
— Paupiettes, M’sieu Henri, extra avec un petit vin blanc de Loire, juste ce qu’il faut pour savourer la viande et la sauce.
— Deux fois, et la bouteille.

Sim et son ami, photographe, ancien correspondant de guerre à la Rafale, dégustaient un petit café serré pour terminer leur repas.

— Tu as vu ? demanda Henri en poussant la Nouvelle Gazette sous les yeux de Carter.

"C'est ce que nous avions décidé. Ne cherchez pas d'autres raisons", dit un message retrouvé par la police dans l’appartement de deux étudiantes disparues à Boncelles.

— Et ici, montre encore Henri, sur une page pliée du « Vers l’Avenir » ...

Carter-Bisson prend son temps, touille dans sa tasse vide, toussote, hum... Il parcourt des yeux l’article surligné en vert :

Plusieurs affaires ne semblant pas liées, s'inscrivent dans une suite de suicides collectifs de jeunes étudiants, la plupart sont ou ont été élèves de l’Université.
Notre reporter Puck a ainsi relevé qu’une trentaine de jeunes gens, garçons et filles, se sont ainsi donné la mort en 2003 et une vingtaine depuis le début de cette année. Le phénomène n'est pas propre à la région : il semble se développer également en Brabant Hollandais, entre Eindhoven et Maastricht.

Mmm, marmonne Carter, voilà peut-être quelque chose à nous mettre sous la dent. Je vais aller voir ce Puck, son bureau n’est pas loin, heureusement, continua-t-il en regardant les passants se dépêcher. Il venait de commencer à pleuvoir.

00:10 Écrit par H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Il venait de commencer à pleuvoir notre impatience à lire le morceau suivant :-)

Écrit par : Ixième | 11/11/2004

Les commentaires sont fermés.